Malgré l’existence de lois et de bonnes pratiques en matière de sécurité sur les chantiers, leur application reste inégale au Sénégal. Plusieurs freins structurels et culturels limitent l’efficacité des dispositifs de prévention.
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a. Faible sensibilisation des ouvriers
– De nombreux travailleurs ne reçoivent aucune formation préalable à la sécurité.
– Une part importante des ouvriers est issue du secteur informel, sans contrat ni encadrement.
– Certains considèrent les règles de sécurité comme une perte de temps ou un luxe réservé aux grands chantiers.
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b. Manque de moyens dans les PME
– Les petites entreprises n’ont souvent ni les ressources financières ni humaines pour assurer des formations ou acheter des EPI de qualité.
– L’embauche de personnel qualifié en sécurité est rarement une priorité.
. Contrôle insuffisant
– L’inspection du travail est sous-dotée : peu d’agents pour de nombreux chantiers à suivre dans le pays.
– Les chantiers informels ou non déclarés échappent à tout suivi réglementaire.
. Culture de la tolérance face aux risques
– Une certaine banalisation des accidents persiste.
– L’absence de sanctions fermes ou de suivi des responsabilités contribue à l’impunité.
– Peu de recours judiciaires sont engagés en cas d’accidents graves.
. Matériels non conformes ou obsolètes
– Utilisation d’échafaudages bricolés, d’outils usés ou de structures instables.
– Absence de vérification périodique du matériel de sécurité.
Pour que les mesures de sécurité soient réellement efficaces au Sénégal, il est essentiel de renforcer la formation, les contrôles, et la responsabilisation des acteurs. Il faut également lutter contre la précarité des ouvriers et faire évoluer la culture du secteur vers une réelle prévention des risques.

