L’industrie du ciment au Sénégal est un secteur clé de l’économie, fortement lié au développement des infrastructures et du bâtiment. Voici un aperçu :
.Principaux acteurs et capacités de production
Le secteur cimentier sénégalais est dominé par trois entreprises majeures :
– Sococim Industries : Filiale du groupe français Vicat, fondée en 1948 à Rufisque, avec une capacité de production annuelle de 3,5 millions de tonnes.
– Ciments du Sahel (CDS) : Située à Kirène, cette entreprise produit environ 6 millions de tonnes par an.
– Dangote Cement Sénégal : Filiale du groupe nigérian Dangote, avec une capacité de production de 1,5 million de tonnes par an.
Ensemble, ces entreprises assurent une production annuelle totale d’environ 11 millions de tonnes, dépassant largement la demande intérieure estimée à 6 millions de tonnes.
.Production et exportations
Au premier semestre 2023, la production de ciment a augmenté de 19,3 %, atteignant 2,3 millions de tonnes, grâce à une reprise des exportations vers la zone UEMOA, notamment le Mali.
Cependant, en janvier 2025, une baisse de 14,3 % de la production a été enregistrée par rapport à la même période en 2024, passant de 900 000 à 750 000 tonnes. Les exportations ont également chuté de 34,1 %, indiquant une demande internationale en déclin ou une perte de compétitivité du ciment sénégalais.
.Enjeux environnementaux
L’exploitation des carrières, notamment à Bandia par les Ciments du Sahel, a entraîné la destruction de la forêt locale, réduisant sa superficie de 10 000 à 2 000 hectares et menaçant la biodiversité, y compris des espèces emblématiques comme le baobab.
Face à ces défis, Sococim Industries a lancé un projet de modernisation de son usine de clinker, avec un financement de 242 millions d’euros en partenariat avec la Société Financière Internationale (IFC). Ce projet vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 312 000 tonnes de CO₂ par an d’ici 2030.
.Enjeux économiques et fiscaux
Selon le rapport ITIE 2023, Sococim Industries a contribué à hauteur de 46 milliards FCFA aux recettes de l’État, tandis que les Ciments du Sahel, malgré un chiffre d’affaires plus élevé, ont versé 44,3 milliards FCFA. Cette disparité soulève des questions sur la transparence et l’équité fiscale dans le secteur.
Par ailleurs, des critiques ont été émises concernant la pression fiscale exercée par l’État, qui aurait conduit à des arrêts temporaires de production chez Sococim et Dangote en 2022.
.Perspectives d’avenir
– Saturation du marché : Avec une production excédant la demande intérieure, l’ajout d’une quatrième cimenterie pourrait fragiliser davantage le marché.
– Concurrence régionale : Des pays voisins comme le Mali développent leurs propres capacités de production, réduisant les opportunités d’exportation pour le Sénégal.
– Transition écologique : Des initiatives comme celle de Sococim pour produire du ciment bas carbone sont essentielles pour aligner le secteur sur les objectifs de développement durable.
l’industrie du ciment au Sénégal est à un tournant, confrontée à des défis environnementaux, économiques et concurrentiels. Une stratégie intégrée, alliant innovation technologique, responsabilité environnementale et politique fiscale équitable, est cruciale pour assurer la durabilité et la compétitivité du secteur.

